mercredi 23 novembre 2011

Managers français taclés par The Economist


Le magazine britannique The Economist a publié cette semaine un article sur The French Way of Work. Il en profite pour égratigner le travail à la française. Et pour un magazine provenant d’un pays bien plus libéral que le nôtre,  on peut être surpris par le résultat de cette analyse du fonctionnement de nos entreprises.

Malgré des initiatives telles que « J’aime ma boite », seulement 64% des français aiment leur entreprise. Ils seraient donc globalement satisfaits de leurs missions, mais c’est la façon dont elles sont données qui leur posent problème. L’image qu’ils se font de leur entreprise en prend donc un sacré coup. Deux employés sur cinq n’aimeraient pas leurs managers.

Selon le magazine, «la France se situe dernier des dix pays de l'opinion des travailleurs envers la direction de leur entreprise, selon un rapport de 2007, alors que les deux tiers des employés américains, britanniques et allemands disent qu'ils ont des relations amicales avec leur supérieur hiérarchique, moins d'un tiers des travailleurs français confirment ce sentiment »

Pour The Economist, le problème de fond serait la formation des managers français qui sont trop vite parachutés à la tête des grands groupes, trop distants avec leurs équipes et déconnectés des tâches concrètes de l’entreprise. «Le problème avec les salariés français ce n'est pas qu'ils sont fainéants, mais qu'ils sont mal gérés», explique le magazine. Ces managers sortis de grandes écoles, n’auraient pas passés assez de temps sur le terrain, parmi leurs subordonnés.

Le magazine pointe aussi du doigt le système de pistons et des compétences peu valorisées, provoquant un sentiment de déception chez les employés.

Sentiment de déjà vécu pour certains d’entre nous….


samedi 19 novembre 2011

Petit tour des News


Petit tour des news qui ont retenues m'ont attention cette semaine...
 
60 millions de délinquants sexuels !
En début de semaine, les avocats représentants DSK et Anne Sinclair ont annoncés la décision de leurs clients, de saisir désormais la justice dès qu’un article leur déplaira. Ils dénoncent, au nom de leurs clients des « articles relevant du voyeurisme le plus détestable ».

Les journaux qui  s’intéressent donc aux exploits de DSK ou aux intentions de son épouse, ainsi que les millions de français qui s’en émeuvent sont donc des voyeurs !

D’après le petit Larousse, la définition du voyeurisme est : « Déviation sexuelle consistant à épier autrui à son insu dans des conduites impliquant l’intimité (rapports sexuels, toilette, défécation, miction) ».

Hum… pas très jolie, mais cela tombe déjà sur le coup de la loi. Alors ayons tous une petite pensée amicale pour Anne et DSK qui sont obligés de vivre dans un pays de 60 millions de délinquants sexuels !

Première erreur de du Sauveur ?
L’accord entre les verts et le François Hollande a été digne d’un épisode de Prison Break. Pourtant, il me semble que cet accord, risque de se retourner contre lui et permet de donner à la droite de nombreuses raisons pour l’attaquer. 

Et tout cela pour permettre aux verts d’avoir des sièges à l’Assemblée Nationale.  Le débat politique dans notre pays, ressemble de plus en plus en un petit arrangement entre amis, au détriment même  des principes démocratiques de bases.

Sur un sujet tel que le nucléaire, je pense qu’un référendum devrait être mis en œuvre pour que le peuple puisse donner son avis. Quoi que même lorsque le peuple dit non lors d’une consultation, nos politiques n’en font qu’à leur tête !

Entre un UMP plein de valises et de casseroles, et un PS qui a l’air de se diviser de plus en plus, Mme Le Pen et M Mélenchon  doivent se frotter les mains !

Hadopi 3
Vendredi, en Avignon, M Sarkosy s'est félicité de l'action de la majorité présidentielle face au piratage, affirmant que la loi Hadopi avait permis de faire reculer ce phénomène de 35 %.

Il s'est dit prêt à l'instauration d'une nouvelle loi Hadopi, qui aurait cette fois pour objectif de lutter contre le streaming. "Le streaming c'est du vol d'un côté, et de l'argent de l'autre", dénonce-t-il en s'attaquant aux plateformes. Une telle loi serait une voie royale vers le filtrage total du réseau.

Patrick Bloche, député PS, a déploré que M Sarkosy "a, une nouvelle fois, manqué l'occasion de faire un grand discours sur la culture et le numérique", et que le PS avait "longuement indiqué au gouvernement que se focaliser sur le P2P sans voir le développement du streaming était ridicule". Une situation que le gouvernement cherche désormais à changer avec Hadopi 3.

Suite au passage de la TVA à 7% pour le cinéma, la Société Civile des Auteurs-réalisateurs-Producteurs (l'ARP) déclarait : "Les cinéastes de L’ARP s’étonnent que le gouvernement français ne considère pas que les biens et service culturels constituent des biens de première nécessité, particulièrement en temps de crise, où la culture demeure un refuge de l’esprit". Pour eux, la culture doit rester taxée à 5,5 %, au même titre que la nourriture ou l'énergie nécessaire au chauffage.

On n’est pas loin du foutage de gueule. En effet, "Quel est ce lobby qui prétend dans un même souffle que les films qu'il réalise sont des biens "de première nécessité" (c'est-à-dire nécessaires à la survie !), mais que le fait de les partager avec son prochain doit relever dans le code pénal de peines plus lourdes que l'abandon de famille, le harcèlement moral ou la profanation d'un cimetière ?"

jeudi 17 novembre 2011

Radio Taxi


Imaginez la scène : vous êtes en vacances à Oxford (Royaume-Uni) et vous avez décidé d’aller manger au restaurant avec un ami. Sachant que le repas sera copieusement arrosé, vous décidez de prendre un taxi.
Dans le taxi, la conversation avec votre ami, est très engagée. Vous parlez de tout, politique, terrorisme, religion, sport...

Dans votre chambre d’hôtel, sur le coup de trois heures du mat, vous voyez arriver les forces d’intervention de la police de sa gracieuse Majesté, qui vous emmènent de force à Scotland Yard pour être interrogé et mis en garde à vue prolongée sur votre conversation sur le terrorisme. 

Scénario fiction ? Que nenni. La BBC vient de rapporter que le Conseil municipal de la ville d'Oxford a adopté un arrêté qui fera obligation aux taxis d'enregistrer toutes les conversations de leurs passagers via une caméra de surveillance installée à l'arrière de leur véhicule.  

Une conseillère de la ville explique que « les caméras tourneront en permanence pour enregistrer l'image et le son, et que les enregistrements seront conservés sur un disque dur pendant 28 jours. Ils pourront alors être visionnés par la police dans le cas où le visionnage des enregistrements serait susceptible de les aider à résoudre une enquête. »

Bien entendu, les associations de protection de la vie privée ont été indignées par cette nouvelle mesure. La décision de la municipalité d'Ofxord va beaucoup trop loin, mais participe à la doctrine effroyable qui veut que seuls ceux qui ont quelque chose à cacher auraient intérêt à s'opposer.

Notre vie privée ne va bientôt plus avoir d’autre sens que la dissimulation de nos crimes et délits…

jeudi 10 novembre 2011

Claude dis moi la vérité…


Mardi dernier, Google a publié son dernier rapport "TransparencyReport" qui constate que la France est devenue le 3ème pays au monde le plus demandeur d'informations sur ses internautes, avec 1300 demandes de renseignements adressées à Google entre janvier et juin 2011. 

Sur cette période, la firme n'a accepté d'y répondre favorablement que dans 48 % des cas, ce qui est beaucoup plus faible qu'aux Etats-Unis (93 %), en Allemagne (67 %) ou au Royaume-Uni (64 %). Un signe, semble-t-il, que les demandes adressées par la France ont souvent été jugées abusives par Google, qui vérifie toujours le bienfondé de chaque demande.

"Notre rapport met en lumière les comportements des gouvernements, totalitaires ou pas. Nous espérons vraiment que les citoyens, les associations, les ONG vont demander des comptes aux gouvernements, pour savoir quand, comment et pourquoi ils accèdent à des informations confidentielles. C'est une question que nous voudrions notamment voir soulevée en France", disait Dorothy Chou, responsable de ce programme.

Google n'est toutefois qu'une partie de l'iceberg, et de nombreux autres acteurs constatent également une croissance globale du nombre de requêtes adressées par l'Etat. C'est notamment le cas des fournisseurs d'accès à Internet et des hébergeurs. Depuis le décret du 25 février 2011, les intermédiaires ont l'obligation de conserver un grand nombre d'informations susceptibles de permettre l'identification des internautes, et toute donnée stockée peut par ailleurs faire l'objet d'une demande de communication par l'autorité judiciaire. Ce qui est particulièrement efficace à l'heure du Cloud, où le nombre des informations personnelles accessibles à distance explose.

Du coup, mardi, le député socialiste Hervé Féron a écrit au ministère de l'intérieur pour solliciter ses éclaircissements : « M. Hervé Féron attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration sur la réclamation d'informations sur la vie numérique de citoyens à l'entreprise privée américaine Google. Dans son « rapport de transparence » détaillé, publié sur internet, l'entreprise américaine révélait récemment que le troisième pays le plus demandeur d'informations est la France, puisque les autorités hexagonales ont cumulé 1 300 sollicitations auprès de Google entre janvier 2011 et juin 2011. Cela représente 27 % de plus qu'au semestre précédent. Il lui demande si cette information est exacte et si oui, quels motifs légitiment la demande d'informations à cette entreprise américaine. »

J’attends avec impatience les réponses de Guéant, et voir si il osera nous dire que c'est pour notre bien et que si nous n’avons rien a nous reprocher nous n’avons donc rien a craindre !

Copie privée ou comment embêter les professionnels…


Hier, je vous parlais de la copie privée, et du texte qui devrait être examiné devant l’assemblée nationale fin novembre, et dont le rapporteur sera une députée Drômoise.

Comme, je vous l’avais dit, les ayants droit avaient finalement concédé que les professionnels puissent ne pas être assujettis à ce paiement. Un vrai sacrifice pour les bénéficiaires de la ponction qui ont amassé à tort jusqu’à 438 millions d’euros avec ces supports « pros » depuis 2001.

Mais, ils ont tout mis en place pour que la chute de leur pactole ne soit pas trop rude. Ils militent pour un assujettissement temporaire. Les professionnels paieront la copie privée grevée sur les supports, et devront ensuite réclamer le remboursement de ces quelques euros en fournissant des données justificatives. Ce système paiement-remboursement est présenté comme nécessaire, mais il découragera aussi les pros, du moins ceux informés de ce possible remboursement.

Une autre mesure a été très tôt envisagée par les ayants droit : « pour certains supports, les acquéreurs finaux professionnels devront apporter la preuve formelle que le support n’est pas utilisé à des fins de copie privée ». On demande donc aux professionnels d’apporter la preuve d’un fait négatif, ce qui est toujours juridiquement compliqué.

Olivier Henrard, qui fut aussi architecte d’Hadopi, a ainsi tourné la seconde mesure : « La rémunération pour copie privée n’est pas (…) due pour les supports d’enregistrement acquis notamment à des fins professionnelles dont les conditions d’utilisation ne permettent pas de présumer un usage à des fins de copie privée ».

Au sein de la Commission sur la copie privée, on sait désormais quels sont ces biens dont les « les conditions d’utilisation permettent de présumer un usage à des fins de copie privée », même si l’acheteur est professionnel.

L’interprétation des ayants droit, est une veritable double négation :  « la réalité des usages sur certains supports, bien qu'ils soient effectivement acquis à des fins professionnels par une entreprise ou une administration, ne permettent pas de présumer qu'ils ne seront pas utilisées à des fins de copie privée. (…) la présomption est inverse, puisqu'on présume que ces supports même acquis par des entreprises à des fins professionnelles seront aussi utilisés à des fins de copie privée. C'est le cas des téléphones mobiles multimédia, des tablettes tactiles multimédia et des supports d'enregistrements intégrés aux véhicules automobiles ».

Pour reprendre mon exemple d’hier avec les supports numériques utilisés pour des IRM, comment la sécurité sociale pourra-t-elle prouver qu’une fois le CD ou DVD donné au patient, ce dernier ne s’en servira pas pour enregistrer dessus l’intégrale d’Aznavour ?

Par ailleurs, tous les téléphones professionnels, tablettes, mémoire, GPS seront indubitablement soumis à la taxe. Le professionnel demandera un remboursement ? D’accord, mais il devra démontrer au surplus que « les conditions d’utilisation ne permettent pas de présumer un usage à des fins de copie privée ». Soit une démonstration impossible et une cause de découragement de plus dans la paperasserie.

On voit bien que les ayants droit mettent tout en œuvre pour rendre le remboursement de la taxe sur la copie privée des plus compliqués, et espèrent que la plupart des professionnels, n’auront pas le temps de faire tous ces efforts pour récupérer ces quelques euros…